Afdi est une association Loi 1901 de solidarité internationale. Créée en 1975 par les organisations professionnelles agricoles françaises : l’APCA (Chambres d’agriculture France), la CNMCCA (Confédération Nationale de la Mutualité, du Crédit et de la Coopération Agricoles), la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles)
et JA (Jeunes Agriculteurs).

La naissance d’Afdi, en 1975, est le résultat d’un processus de réflexion collective dans le monde paysan français, dans un contexte international marqué par d’importantes évolutions. Les indépendances des pays africains dans les années 1960, les aléas climatiques du début des années 1970 et la mobilisation des syndicats agricoles français constituent des jalons déterminants pour comprendre l’émergence de ce modèle de coopération.

Dès les années 1960, des agriculteurs français expriment la volonté d’établir des relations directes avec leurs homologues d’Afrique, dans un dialogue entre pairs. L’initiative du Centre de Relations Internationales entre Agriculteurs pour le Développement (CRIAD), créé en 1968 en Rhône-Alpes, marque les premiers pas d’une coopération fondée sur l’échange d’expériences.

Un moment décisif intervient en 1973, lorsque le Sahel connaît une grave sécheresse. La FNSEA lance alors l’opération « 1/1000ᵉ », invitant chaque agriculteur français à consacrer une fraction symbolique de son chiffre d’affaires pour soutenir les paysans sahéliens. La mobilisation est massive et témoigne d’une solidarité authentique, mais une réflexion s’ouvre rapidement : comment inscrire cet élan dans la durée et l’inscrire dans une démarche responsable ?

La réponse s’élabore collectivement. Les responsables agricoles privilégient des approches favorisant l’autonomie et l’action collective. Ils choisissent d’appuyer le renforcement des organisations paysannes dans les pays partenaires, afin de leur permettre de défendre leurs intérêts et de développer leurs propres réponses aux défis agricoles. Ce choix fondateur oriente l’action, non vers le transfert direct de ressources, mais vers la consolidation de structures collectives, garantes d’un développement durable.

En 1975, cette orientation se concrétise avec la création d’Afdi par les quatre grandes Organisations Professionnelles Agricoles françaises – la FNSEA, le CNMCCA, les Chambres d’Agriculture et Jeunes Agriculteurs. Dès l’origine, Afdi se distingue d’autres ONG : issue du monde agricole, elle se définit non comme un opérateur de projets mais comme une structure dont la mission est de faciliter des relations directes et durables entre agriculteurs et leurs organisations, dans une logique de coopération professionnelle et solidaire.

Afdi place dès le départ l’écoute et la reconnaissance mutuelle au centre de son action. L’ambition est de construire des partenariats équilibrés, fondés sur le partage d’expériences, de savoir-faire et de stratégies.

Les premières coopérations en Afrique de l’Ouest et au Cameroun témoignent de cette orientation : elles sont organisées autour des réalités locales et s’appuient sur les organisations professionnelles agricoles, dans une perspective de structuration collective. Cette articulation entre les expériences vécues dans les territoires et le renforcement institutionnel est rapidement devenue une marque de fabrique de la coopération initiée en 1975.

Dès ses origines, l’association matérialise un choix clair et assumé : bâtir une coopération agricole différente, fondée sur l’échange entre pairs, enracinée dans les territoires, portée par les organisations agricoles et attentive aux évolutions du contexte international. En privilégiant le renforcement mutuel, elle a posé les bases d’une méthode spécifique qui, cinquante ans plus tard, conserve toute sa pertinence.

Le modèle des échanges de pair à pair constitue plus qu’une méthode de travail : il est devenu, au fil du temps, l’élément central de l’identité de l’association. Il repose sur la conviction que les agriculteurs et agricultrices sont les premiers acteurs de leur propre développement. Leurs savoirs et leurs pratiques méritent d’être reconnus et partagés. La coopération s’inscrit ainsi non dans une logique de transfert unilatéral de solutions, mais dans un processus d’enrichissement mutuel. Chaque rencontre devient l’occasion de confronter des expériences, d’échanger sur des pratiques et de construire collectivement des réponses adaptées.

La réciprocité est au centre de cette démarche. Les échanges ne placent pas certains en position de « donneurs » et d’autres en posture de « receveurs ». Ils reposent sur l’idée que chaque partie a à la fois quelque chose à apporter et à apprendre. La richesse du modèle réside dans la volonté partagée de construire une relation équitable, évolutive et adaptée aux contextes spécifiques.

Un autre élément distinctif est la progressivité des échelles d’intervention. Les échanges débutent au niveau des exploitations et des territoires, puis s’élargissent aux organisations professionnelles agricoles nationales, aux réseaux régionaux et internationaux. Cette continuité, du terrain aux espaces de concertation, garantit la cohérence du modèle : les expériences locales nourrissent les réflexions collectives, lesquelles, à leur tour, portent la voix des agriculteurs dans des instances plus larges.

Dans la pratique, les échanges prennent plusieurs formes complémentaires :

1- Des échanges de découverte, qui permettent une première immersion dans d’autres réalités agricoles ;

2- Des missions de suivi de partenariats, destinées à orienter et consolider les relations entre organisations ;

3- Des missions d’expertise, qui rassemblent des pairs autour de thématiques professionnelles précises comme la gestion de coopératives, l’agroécologie ou la gouvernance.

Ces échanges, bilatéraux ou multilatéraux, entre organisations de différents pays ou entre régions voisines, favorisent la diversité des regards et produisent des effets tangibles : amélioration des pratiques agricoles, renforcement de l’autonomie des acteurs, consolidation de l’action collective et légitimité accrue des organisations paysannes dans les espaces économiques et politiques.

En cinquante ans, ce modèle a démontré sa capacité d’adaptation. Il a accompagné des évolutions majeures : la reconnaissance des organisations paysannes comme acteurs politiques, l’intégration progressive des femmes et des jeunes dans des espaces de responsabilité, ou encore l’appropriation des enjeux globaux tels que le climat ou la souveraineté alimentaire. Chaque étape a confirmé la pertinence d’une méthode souple, capable de se renouveler en fonction des contextes et des besoins exprimés.

Ainsi, les échanges de pair à pair constituent une approche de l’action collective qui place la dignité, la réciprocité et l’autonomie au cœur des dynamiques agricoles. Ce modèle, dont l’efficacité est éprouvée, demeure un repère solide pour imaginer et renforcer la coopération agricole de demain.

Les résultats de cette démarche expliquent pourquoi le modèle Afdi s’est affirmé comme une approche durable. Les échanges de pair à pair transforment à la fois les individus et les organisations. Ils contribuent également à renforcer la reconnaissance sociale du métier d’agriculteur. En créant un effet multiplicateur, ils constituent un levier puissant pour soutenir les agricultures familiales et consolider leur rôle central dans les systèmes alimentaires.

La diversité des formes d’échanges mises en place alimente cette dynamique. Les missions de suivi garantissent la continuité des partenariats, en permettant d’évaluer collectivement les actions entreprises et de définir les orientations futures. Les missions d’expertise, qu’elles soient Nord/Sud, Sud/Nord ou Sud/Sud, mobilisent des agriculteurs et techniciens reconnus pour traiter de sujets techniques, institutionnels ou politiques. Les missions d’étude, quant à elles, offrent à un groupe d’agriculteurs la possibilité de découvrir directement les pratiques et modes de fonctionnement d’une organisation paysanne dans un autre pays, autour de thèmes tels que le foncier, le changement climatique ou la place des jeunes et des femmes dans la gouvernance.

Ces échanges ne se limitent pas aux déplacements physiques. Ils incluent également des dispositifs à distance, l’élaboration conjointe de modules de formation ou encore des réunions en visioconférence. Cette souplesse entretient la dynamique de travail et élargit la participation, même en cas de contraintes logistiques ou budgétaires.

La complémentarité entre ces différentes formes crée un processus d’apprentissage continu. Une mission de découverte peut susciter des questionnements, approfondis ensuite par une mission d’expertise, puis consolidés grâce à un suivi de partenariat. Cette continuité renforce la confiance, favorise la circulation des idées et encourage l’émergence de solutions adaptées.

Enfin, les échanges se déploient à plusieurs échelles : au sein des exploitations et des territoires, où les paysans partagent directement leurs expériences ; au niveau national, où les organisations capitalisent ces apprentissages pour améliorer leurs services et leurs stratégies ; et au niveau régional et international, où les réseaux portent une voix commune sur des enjeux globaux. Cette articulation entre terrain et concertation assure la vitalité du modèle et son impact durable.

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VISION

Association de solidarité internationale créée par les organisations professionnelles agricoles françaises, Afdi soutient stratégiquement les agricultures familiales des pays du Sud, afin de permettre aux agriculteurs de vivre dignement et de répondre aux enjeux mondiaux de la souveraineté et de la sécurité alimentaire.

En tant qu’organisation de solidarité internationale issue de la profession agricole, Afdi agit pour un monde paysan qui nourrit et préserve.

 

MISSIONS

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VALEURS

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Citoyenneté

Au regard de son rôle en matière de gestion des ressources alimentaires et naturelles, l’agriculture tient une place importante et particulière au sein de la société. Afdi contribue à l’appropriation citoyenne des enjeux mondiaux de l’agriculture

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Solidarité

L’action d’Afdi est construite autour du partage d’expériences, de moyens et de valeurs entre les paysans (agriculteurs, cadres, techniciens) grâce au partage d'expériences, de moyens et de valeurs.

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Réciprocité

En basant son action sur le partage de savoir-faire, Afdi développe une approche visant une collaboration internationale entre acteurs du monde agricole.

Domaines stratégiques

S’engager stratégiquement avec les OP

Favoriser l’engagement des acteurs de l’agriculture et du développement

Transformer durablement le réseau Afdi

Les pays d'intervention et les Afdi régionales